La
Statue de la Madone
Il
s'agit d'une structure en bois: le visage est brun et le regard profond. Dans
la tradition de l'iconographie mariale elle se rattache au thème antique
qui représente la Vierge, avec l'Enfant Jésus, assise sur le
trône. La Madone (haut.170cm) est en orme, l'Enfant Jésus (haut.
40cm) est en noyer. La coloration très caractéristique est due
à l'estampage en plâtre poli et polychrome (émail foncé).
Les nombreuses restaurations réalisées au cours des siècles
en ont altéré les traits originaux. Sur la base des traits stylistiques
très importants, nous pouvons attribuer à la statue de Canneto
les caractéristiques suivantes : sculpture en bois datant du VI è
siècle , elle s'inspire du style byzantin, très populaire, probablement
uvre de la sculpture abruzzaine.
Le 19 mars 1948, pour la première fois dans l'histoire du Sanctuaire,
la statue de la Madone quittait son siège séculaire pour se
rendre au " Peregrinatio Mariae ".
Six années plus tard, le 19 septembre 1954 la statue fut couronnée
solennellement à Sora par le Cardinal Aloisi Masella au terme du 1er
Congrès Marial Interdiocésain ; une foule immense était
accourue de partout.

Le Culte de la Sainte Vierge Marie
Dans la vallée de Canneto existait aux
sources de la Melfa un temple consacré au culte de la divinité
païenne Mefiti et cela quelques siècles avant la naissance du
Christ. La divinité italique libérait des mauvaises esprits.
De nombreuses pièces archéologiques ont été retrouvées
attestant que la vallée de Canneto est sacrée depuis plus de
deux millénaires.
Le premier document digne de foi qui mentionne
explicitement une église consacrée à la Sainte Vierge
de Canneto dans la vallée de Canneto remonte à l' année
819 (Bulle de Pasquale I) et a été retrouvée dans le
" Chronicon " du monastère de S.Vincent à Volturne,
la grande abbaye bénédictine qui prospéra au début
du VIII è siècle aux sources du fleuve Volturne dans la plaine
de Rocchetta, légèrement en-dessous du massif Meta où
se situe encore toujours le complexe abbatial.
En 1288 à l'Eglise de Canneto était
annexé un monastère fondé par les bénédictins
regroupant une communauté présidée par un abbé
et dotée des bénéfices écclesiastiques.
En 1392, la consultation des archives a permis
de connaître les noms des religieux et plus précisément
l'abbé frère Giacomo di Angelo, frère Biagio Macerelle,
frère Nicola et frère Biagio di Stefano. A l'époque,
les moines ne séjournaient plus à Canneto mais dans le bourg
de Settefrati tout en continuant à officier au Sanctuaire. Le monastère
abandonné ne sera plus jamais rebâti. Le 25 novembre 1475, les
Cardinaux Bartoloméo de S. Clemente et Giuliano de S. Pietro in Vincoli
qui devint plus tard le pape Jules II, accordèrent à l'église
une indulgence de 100 jours.
Pendant des années, des abbés,
le plus souvent des commandeurs, se sont relayés à Canneto et
profitaient de tous les bénéfices sans y résider.
Le Concile de Trento (1545-1563) abolira définitivement
ce genre d'abus qui fut l'un des fléaux séculiers de l'Eglise.
L'église de Canneto fut confiée
à l'abbaye de Montecassino à partir de la seconde moitié
du XIII è siècle. Après le Concile de Trento, l'évêque
de Sora, Tommaso Gigli (1561-1577) l'annexa, avec tous ses biens, au Séminaire
de Sora. Elle y est restée attachée jusqu'à nos jours.
Depuis 1972, à cause de son rayonnement
spirituel surtout ces dernières années, elle assume sa propre
direction et administration.

L'Eglise
Déjà depuis 1288 l'Eglise vivait
de biens terriens qui constituaient un patrimoine foncier. Pendant des siècles
celui-ci était connu sous le titre " Bénéfice de
la Chapelle de Sainte Marie de Canneto ". Les dons que les fidèles
offraient à la Madone allaient toujours crescendo, comme en témoignent
les documents qui remontent au début du IX è siècle.
Au cours des siècles, l'église a connu de changements et agrandissements
variés; c'est pourquoi il est impossible d'en déterminer le
noyau primitif et originel : il s'agit probablement du porche central.
En 1288 on construisit un monastère bénédictin
près de l'église.
En 1475, afin de pousser les fidèles
à revisiter et à contribuer aux frais de rénovation,
le Saint Siège accorda l'indulgence pour certaines fêtes liturgiques.
En 1693 apparaît le nom du premier bienfaiteur
en la personne di Cristoforo Bartoluci de Picinisco qui, pour des grâces
reçues, fit construire sur l'autel central, une niche artistique polychrome
à la Madone.
En 1857 commencèrent les rénovations
qui donnèrent au temple de Marie sa physionomie actuelle. A cette époque
l'église était constituée de 3 nefs avec les voûtes
en pierre, trois sorties et un porche qui ornait la façade avant. L'intérieur
abritait 2 autels ; sur l'autel de droite trônait l'urne de la Madone
en bois sculptée et couverte par un cristal, don des fidèles
de Roccasecca et de Caprile.
Les frais de rénovation furent payés
en grande partie par Ferdinand II, roi de Naples et du peuple Settefratese,
comme en témoignait l'épigraphe placée à l'entrée
principale de l'église avant l'actuelle construction.
De 1821 à 1849, le temple fut ultérieurement
agrandi en incorporant les deux porches qui s'ouvraient sur les côtés
comme développement et continuation de celui qui se trouve sur la façade
avant de l'église.
Pendant cette même période fut
construite grâce à Agnese Massarella, grande ermite de Canneto,
la maison du Pèlerin. L'esplanade d'en face fut construite en pierre
de taille entre 1921 et 1923.
De 1951 à 1968 ont été
réalisées les uvres suivantes : le prolongement de l'église
avec la construction de la nouvelle abside et sacristie au sous-sol (Projet
de l'Ingénieur Terenzio de Settefrati); le trône de marbre de
la Madonne (Dessin réalisé par le Pr.Capocci di Settefrati);
la balustrade en marbre.
La
Nouvelle Eglise
A partir de 1968, un seul objectif était
poursuivi: c'est-à-dire porter à terme la rénovation
en tâchant d'harmoniser l'ancienne partie de l'église avec la
nouvelle.
Mais après plusieurs projets, le dernier en date étant celui
de l'architecte Mauti de Veroli, avec la venue du nouvel évêque
de Sora, Mgr Minchiatti, on opta pour une solution radicale : construire une
nouvelle église à Canneto.
Le 2 décembre 1973, le conseil d'administration
de Canneto organisa un concours entre architectes et ingénieurs appartenant
aux régions de Lazio, Campania, Abruzzo et Molise pour un avant projet
du nouveau Sanctuaire qui garderait l'antique façade et le narthex.
Après des hauts et des bas, le concours
se termina le 15 février 1975 et 36 projets furent présentés.
Au mois de mai de l'année suivante la commission d'évaluation,
formée par les représentants de l'Ordre des Architectes et des
Ingénieurs ainsi que par les différents organismes intéressés,
procédait à la sélection des projets. Au terme de ses
travaux, la commission présenta au Conseil d'Administration des travaux
méritoires parmi lesquels fut retenu celui portant le sigle : "
1963 - Rénovation - 1975 " appartenant à l'Ing. Paolo Garroni
de Rome. Au mois d'Août 1975 le projet d'exécution fut transmis
à la direction générale des Beaux Arts du Lazio qui donna
son autorisation pour l'exécution de l'uvre seulement deux années
plus tard : le 7 novembre 1977.
Durant l'été 1978 les contacts furent pris avec l'adjudicataire
: le commandeur Domenico Lucci de Sora et les travaux débutèrent
en septembre 1978.
La statue de la Madone ainsi que toute l'organisation
du Sanctuaire bénéficièrent de l'hospitalité de
la Maison Salésienne qui est tout proche.
En novembre 1981, la structure générale
de l'église fut achevée. Il restait les travaux de finissage
: cloisons, portes et fenêtres, vitraux et autres installations. Du
vieil édifice, usé par le temps et les séismes était
né un nouveau et vaste complexe qui comprenait l'église proprement
dite et la crypte, un sous-sol aussi vaste que le temple situé au-dessus.
En juillet 1982, à l'habile entreprise du commandeur Iucci di Sora,
succédait l'entreprise de constructions Domenico Paglia de Monte S.
Giovanni Campano qui se consacra à une autre uvre importante
que la Direction du Sanctuaire tenait à coeur : la maison du Pèlerin.